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Formation pendant le temps de travail : procédures à suivre et conseils pratiques

Découvrez les procédures à suivre et conseils pratiques pour organiser une formation pendant le temps de travail efficacement.

auteur
Clara Fontaine
publié
lecture
12 min
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La formation pendant le temps de travail s'impose aujourd’hui comme une démarche incontournable, autant pour l'évolution des salariés que pour la performance des entreprises. Les nouvelles procédures, dérivées du droit du travail, redéfinissent le rôle de l’employeur, la place du salarié, et impliquent une vigilance accrue sur l’organisation, le financement et le suivi des compétences. L’enjeu est de taille : concilier impératifs de production, développement professionnel, et respect des droits. Les bonnes pratiques et astuces pratiques contribuent à adapter la stratégie de formation à chaque situation, tout en assurant la sécurité juridique des décisions RH. À l’heure de plans de développement des compétences personnalisés, maîtriser ces sujets représente une réelle valeur ajoutée pour tous les acteurs.

En bref :

  • Le plan de formation s'appelle désormais plan de développement des compétences (PDC) depuis 2019 et distingue actions obligatoires et volontaires.
  • Seul l’employeur décide des formations sur le temps de travail, après consultation éventuelle du comité social et économique (CSE).
  • La rémunération du salarié est maintenue lorsqu’il suit une formation sur le temps de travail.
  • Des procédures strictes encadrent la possibilité de former hors temps de travail, avec accord écrit du salarié.
  • L’employeur engage sa responsabilité sur la conformité des démarches et la gestion efficace des documents de suivi.
  • Le recours à des dispositifs tiers (CPF, OPCO) permet d'adapter budget formation et parcours de carrière.

Le régime de la formation durant le temps de travail repose sur les articles L. 6321-1 et suivants du Code du travail. Depuis la réforme de 2018, la gestion des compétences exige un suivi rigoureux afin d’éviter tout litige sur le fond ou la forme. Le plan de développement des compétences s’établit selon la taille de l'entreprise, son secteur et ses priorités stratégiques. Dans les entreprises de 50 salariés et plus, la consultation du CSE est désormais obligatoire lors de l’élaboration et du suivi du plan, favorisant une transparence accrue.

Ce cadre juridique distingue deux grandes familles de formation : celles relevant de l’adaptation au poste (obligatoires) et celles axées sur le développement des compétences (volontaires, sur l’initiative de l’employeur). Cette distinction est capitale : un refus injustifié d'une formation obligatoire expose en effet à des sanctions, allant d’un avertissement à un licenciement pour faute. À l’inverse, un salarié peut décliner une formation non-essentielle, en particulier si elle se déroule en dehors de ses horaires de travail contractuels.

Le formalisme des procédures débute par une information claire au salarié : l’employeur doit préciser la nature, la durée, les objectifs et le calendrier de la formation. Toute personnalisation du parcours doit figurer explicitement dans la convocation ou le projet de plan individuel. Un exemple parlant est le cas d’un agent d’accueil d’une PME qui, dans le cadre de l’évolution de la réglementation sur la sécurité, se voit notifier par écrit son inscription à une mise à niveau obligatoire, conditionnant le maintien de son emploi.

Parmi les points clés juridiques, il est impératif de retenir que la participation à un bilan de compétences ou une VAE sur le temps de travail reste conditionnée à l’accord du salarié, même si ces dispositifs s’intègrent au PDC. Cette règle, régulièrement rappelée dans les dernières décisions prud’homales, protège le choix individuel et la confidentialité du parcours.

Le respect de ces obligations n’est pas qu’une formalité administrative : en cas de contentieux, la charge de la preuve incombe à l’employeur. Il doit montrer que toutes les étapes du plan de formation ont été respectées, sous peine de condamnation pour non-respect du droit du travail. C’est pourquoi une documentation complète et horodatée pour chaque session, qu’il s’agisse de la formation d’un ambulancier ou d’un manager, constitue un élément décisif devant les tribunaux. En 2026, l’accent est de plus en plus mis sur la traçabilité et l’audit, rendant incontournable la centralisation des documents RH.

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Bon à savoir sur l’obligation de formation

La notion de formation obligatoire recouvre, par exemple, les habilitations légales (sécurité, hygiène) ou les adaptations techniques liées à des évolutions de poste. Ces sessions doivent se tenir exclusivement durant le temps de travail, avec un maintien intégral de la rémunération, qu’il s’agisse d’une formation initiale ou d’une actualisation périodique. L’intelligence de la procédure réside dans la capacité à anticiper les échéances et à préparer la documentation utile, réduisant ainsi les risques de conflit ou de refus. Une anecdote frappante concerne une entreprise du secteur logistique qui a pu éviter un contentieux en prouvant qu’un salarié avait bien reçu toutes les notifications requises pour une session de formation CACES sur ses horaires habituels.

Différence entre formations obligatoires et volontaires : implications pour employeurs et salariés

Comprendre les distinctions juridiques entre formations obligatoires et actions volontaires s'avère fondamental pour orchestrer une stratégie RH sereine. La loi identifie comme formations obligatoires celles dont la détention conditionne l'accès ou la continuité du poste, comme l’obtention d’un certificat de sécurité au sein d’une usine ou la validation d’une formation incendie dans un établissement recevant du public. Ces formations, centrales, relèvent du pouvoir de direction de l’employeur : aucune négociation n’est permise sur leur calendrier ou leur nécessité.

Inversement, les formations de développement des compétences, par exemple une formation de leadership ou de langues, relèvent souvent d’une ambition partagée. L’employeur y voit un levier d’adaptabilité, le salarié une opportunité d'enrichir son profil. Dans ce cas, si elles sont programmées en dehors du temps de travail, leur suivi suppose nécessairement un accord écrit. L’employeur ne peut ni l’imposer ni sanctionner un refus, sauf si la formation touche aux impératifs de productivité ou de sécurité du poste.

À titre d’illustration, une société de gestion RH peut proposer à ses chargés de clientèle de suivre une formation pour devenir DAF sur la base du volontariat, dans le cadre du PDC ou du CPF, alors que la formation à la conformité RGPD s'impose à tous, sur les heures de travail. Cette distinction doit d'ailleurs figurer dans tout document adressé au salarié (convocation, attestation, bulletin de salaire post-formation).

La vigilance est également de mise pour ne pas requalifier par erreur une formation volontaire en action obligatoire. Une mauvaise classification peut aboutir à des rappels de salaire et des sanctions pour l’employeur en cas de contentieux. Le tableau comparatif ci-dessous synthétise les différences essentielles :

Type de formation Caractère obligatoire Rémunération Accord salarié Exemple
Adaptation au poste Oui Maintien intégral Non nécessaire Mise à jour sécurité, nouvelles machines
Développement des compétences Non Maintien si sur temps de travail, sinon pas de rémunération Oui, si en dehors du temps de travail Formation langues, leadership
Bilan de compétences / VAE Soumis à accord Maintien si sur temps de travail Indispensable Transition professionnelle, reconversion

Cette répartition, ajustée au fil des évolutions réglementaires récentes, sécurise les démarches et prévient les incompréhensions. Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur la gestion humaine et réglementaire de la formation, le site gestion RH en entreprise propose un panorama complet.

Impacts d’un refus ou d’une obligation

Si l’employé refuse une formation obligatoire sur temps de travail, ce refus peut justifier des sanctions disciplinaires, voire un licenciement pour faute si la formation conditionne la sécurité de tous. En revanche, pour une formation volontaire, aucun grief ne peut être retenu en cas de refus, hormis si l’employeur démontre l’impact direct sur la stratégie de l’entreprise. La rigueur du suivi administratif joue ici un rôle de garde-fou et garantit l’équité de traitement.

Procédure pour organiser une formation : étapes, documents, points de vigilance

La procédure d’organisation d’une formation sur le temps de travail s’articule en plusieurs étapes, chacune obéissant à des règles précises dictées par le Code du travail. La première condition réside dans l'identification du besoin de formation : l’entreprise doit recenser ses obligations légales (sécurité, conformité) et évaluer les écarts entre compétences requises et compétences présentes.

Une fois le besoin confirmé, la consultation du CSE est obligatoire pour les structures de plus de 50 salariés. Ce dialogue social vise à sécuriser l’accord des représentants sur le calendrier, le budget, les actions à réaliser et les priorités par population professionnelle. Pour les petites entreprises, l'implication de l’OPCO permet de fiabiliser le financement formation et l’accompagnement administratif.

L’étape suivante consiste à informer le salarié. Cette convocation, écrite de préférence, doit préciser : l’objet de la formation, sa durée, ses horaires et le lieu. Si la session a lieu hors temps de travail, l’accord écrit du salarié est requis, ainsi que la mention de son droit de rétractation sous huit jours. Le non-respect de cette formalité suffit à faire requalifier ces heures en temps de travail effectif, générant un rappel de salaire, voire des indemnités pour heures supplémentaires.

  • Recenser les besoins de formation et obligations légales (sécurité, technique, évolution de poste)
  • Consulter le CSE (ou l’OPCO pour les TPE-PME)
  • Informer les salariés et obtenir leur accord écrit pour le hors temps de travail
  • Centraliser les documents (convocations, feuilles d’émargement, attestations de fin de formation)
  • Mettre à jour le bulletin de paie et l’entretien professionnel

Pour illustrer, prenons l’exemple d’une société de transport qui met à jour son parc de véhicules. Avant de confier la conduite des nouveaux engins, l’employeur doit former ses chauffeurs, recueillir les accusés de réception et organiser la feuille d’émargement. Toute absence d’un de ces éléments, lors d’un contrôle URSSAF ou d’un contentieux prud’homal, ouvrirait la porte à des sanctions.

Le suivi administratif ensuite se prolonge après la formation : l’attestation de présence, la mise à jour du dossier RH individuel et la mention éventuelle sur le bulletin de paie. Les documents doivent être archivés au moins cinq ans, voire dix pour les formations ayant un impact sur la sécurité. Cette rigueur fait la différence lors d'un éventuel contrôle.

Exigences sur l’accord pour des formations hors temps de travail

Les formations non obligatoires peuvent être organisées hors temps de travail, dans la limite de 30 heures annuelles (ou 2 % du forfait pour les cadres au forfait). Toutefois, l’accord du salarié est indispensable : toute pression ou négligence documentaire risque la requalification. L’accord individuel doit nommer la formation, la durée, les créneaux horaires, et doit inclure la possibilité de rétractation dans les huit jours.

Enfin, certains dispositifs comme le CPF permettent à un salarié de se former sans autorisation employeur dès lors que la session a lieu en dehors du temps de travail ; pour une session en journée, il doit alors formuler une demande en respectant un délai de prévenance, et l'employeur dispose d'un mois pour répondre.

Gestion de la rémunération, financement et suivi post-formation

La gestion de la rémunération lors des formations mobilise des règles strictes et évolutives. Pour toute session sur temps de travail, le salarié bénéficie du plein maintien de salaire : l’absence de perte financière gamifie la démarche et sécurise la relation contractuelle. Les avantages annexes, l’ancienneté, ou les primes restent également dus.

La complexité apparaît surtout en cas de formation hors temps de travail. Avant la réforme, le salarié percevait une allocation correspondant à 50 % du salaire net pour les heures en sus de son temps contractuel. Depuis 2018, cette allocation est supprimée, sauf disposition collective ou d’entreprise favorable. Dès lors, la plupart des formations hors plages horaires habituelles ne génèrent aucune rémunération, d'où un taux de refus plus élevé de la part des salariés.

Sur le plan du financement, l’employeur s’appuie sur ses propres fonds, mais peut recourir à des dispositifs d’aide comme les OPCO, le CPF de transition professionnelle (pour une reconversion), ou des plans sectoriels. Les critères de prise en charge varient selon la taille de l’organisation, avec une priorité aux TPE/PME, souvent contraintes sur leur budget formation. Le tableau suivant synthétise les régimes de financement selon le dispositif choisi :

Dispositif Initiative Accord employeur Rémunération Financement
PDC Employeur Néant Maintien intégral Employeur/OPCO
CPF de transition Salarié Oui, pendant le temps de travail 80 à 90 % du brut CPIR (Transitions Pro)
CPF Salarié Non, sauf sur temps de travail Hors temps de travail : pas de rémunération Solde CPF du salarié

Il existe par ailleurs des clauses spécifiques, comme la clause de dédit-formation, qui encadre le remboursement d’une formation par le salarié en cas de départ prématuré. Cette clause – valable uniquement si elle est signée avant la formation, et mentionne le coût exact et la durée d’engagement post-formation – protège l’investissement de l’entreprise tout en sécurisant le salarié contre les abus.

Après la formation, il est important d’évaluer l’impact sur l’organisation et d’insérer un bilan formation lors de l’entretien professionnel biennal. Ce bilan permet d’analyser les acquis, les besoins complémentaires, et d’ajuster la politique RH. Cette étape post-formation, négligée dans de nombreuses structures, s’avère pourtant capitale pour anticiper les évolutions et favoriser la mobilité interne.

Conseils pratiques pour une organisation optimale et un suivi sécurisé des formations

La réussite d’une organisation formation dans le respect du droit du travail suppose d’allier anticipation, préparation administrative et dialogue social. L’intégration de la formation dans la stratégie RH doit se traduire par une analyse régulière des besoins, une planification pluriannuelle, et une association systématique du CSE. De nombreuses sociétés créent des portails RH dédiés centralisant les plannings, documents et attestations, favorisant le reporting et la conformité.

Le processus doit s’accompagner de conseils pratiques, comme la mise en place d’un rétroplanning, l’utilisation d’outils digitaux pour la signature électronique, ou le recours à la visioconférence pour les petits groupes. La gestion dématérialisée des formulaires (accords, émargements, attestations) fluidifie le déroulement et réduit les risques de perte documentaire.

Par ailleurs, la sensibilisation des managers à la procédure, et la formation interne des équipes RH sur les évolutions législatives, jouent un rôle clé dans la bonne application des règles. Les dispositifs d’accompagnement, tels que des webinars ou des cours de finance spécialisés, complètent efficacement cette démarche.

  • Planifier à l’avance pour éviter les conflits de calendrier
  • Vérifier systématiquement la qualification juridique de la formation
  • Centraliser tous les documents en un dossier unique par salarié
  • Privilégier la formation sur temps de travail pour limiter les refus
  • Renforcer le dialogue avec le CSE ou les représentants du personnel

Un conseil fréquemment partagé consiste à réaliser un audit interne annuel du dispositif, en explorant chaque étape : du recueil des besoins à l’archivage des documents. Les retours d’expérience sont clairs : cette précaution limite fortement la probabilité de contentieux et contribue à inscrire la formation comme moteur de performance collective.

Qui décide du contenu et du calendrier des formations sur le temps de travail ?

L’employeur reste maître de la décision d’organiser une formation durant le temps de travail, en lien avec ses obligations légales et ses choix stratégiques. Cependant, il doit respecter la procédure d’information et de consultation du CSE si l’effectif atteint 50 salariés ou plus. Le salarié ne peut imposer son propre calendrier sauf exceptions réglementaires.

Peut-on obliger un salarié à suivre une formation hors temps de travail ?

Non, l’accord écrit et libre du salarié est impératif pour toute formation réalisée hors temps de travail. À défaut, ces heures sont requalifiées en temps de travail effectif, générant un rappel de salaire potentiel et des majorations le cas échéant.

Comment prouver le respect des procédures en cas de litige ?

Il faut conserver l’ensemble des documents : convocations, accords, feuilles d’émargement, attestations, bulletins de paie et bilans de formation. La centralisation minutieuse de ces éléments, horodatés et signés, permet de sécuriser juridiquement la politique formation.

Quels sont les risques liés à une mauvaise organisation du plan de formation ?

Une organisation défaillante expose à des rappels de salaire, des requalifications d’heures, voire à des litiges prud’homaux coûteux. De plus, le non-respect des obligations de sécurité peut engager la responsabilité civile et pénale de l’employeur.

Est-ce qu’une formation sur le temps de travail garantit à elle seule une promotion ?

Non, la participation à une formation ne constitue pas un droit automatique à l’évolution salariale ou hiérarchique. Toutefois, elle peut favoriser, lors de l’entretien professionnel, l’accès à des évolutions de poste ou à des mobilités internes.